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Réussir la compensation Frenzel
Beaucoup de chasseurs plafonnent à 10-15 m non pas par manque de souffle, mais parce que leurs oreilles bloquent. La solution s'appelle le Frenzel : une manœuvre qui compense avec la langue, sans utiliser l'air des poumons.
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Pourquoi Valsalva ne suffit pas
La manœuvre de Valsalva (souffler dans le nez pincé en poussant depuis les poumons) fonctionne en surface, mais montre vite ses limites en apnée : plus tu descends, plus le volume pulmonaire se réduit, et plus il devient difficile — voire impossible — de pousser de l'air depuis les poumons. Elle sollicite aussi beaucoup, ce qui est coûteux en oxygène.
Le Frenzel, lui, utilise uniquement l'air déjà présent dans la bouche et la gorge, poussé par la langue. Il reste efficace en profondeur, il est plus doux pour les oreilles et il ne consomme presque rien.
La manœuvre, étape par étape
- Pince ton nez.
- Bloque ta gorge (la glotte), comme si tu retenais ta respiration. L'air des poumons est désormais isolé : c'est le point clé.
- Garde de l'air dans la bouche, joues légèrement pleines.
- Pousse avec l'arrière de la langue vers le haut et l'arrière, comme si tu prononçais un « K » ou un « Gue ». La langue joue le rôle de piston.
- Tu dois sentir un petit clic dans les deux oreilles.
Débloquer le voile du palais
C'est le blocage le plus fréquent : la glotte est bien fermée, il y a de l'air dans la bouche… mais rien ne monte vers les oreilles. En cause, le voile du palais resté « en haut », qui ferme la route vers le nez.
Il a trois positions :
- En haut — bloque le nez, l'air ne va qu'à la bouche (souffler une bougie).
- En bas — bloque la bouche, l'air ne passe que par le nez (ronflement, « mmm »).
- Au milieu / relâché — les deux routes ouvertes. C'est la position du Frenzel.
Trois exercices à sec pour le trouver
- Respirer par le nez ET la bouche en même temps. Bouche ouverte, inspire et expire simultanément par les deux. C'est impossible si le voile est fermé — pour y arriver, il doit se relâcher. Mémorise cette sensation : c'est la cible.
- Le test du miroir. Miroir sous le nez, bouche grande ouverte, essaie de l'embuer par le nez. Si ça s'embue, le voile est relâché.
- La bascule « ng ↔ ah ». Dis « haaang » et fige-toi sur le « ng » (voile en bas), puis glisse vers « ah » (voile en haut). La position intermédiaire est ton neutre.
Un Otovent (petit ballon vendu en pharmacie, ~15 €) donne un retour visuel immédiat : tu vois si ta manœuvre pousse réellement de l'air. C'est le raccourci le plus efficace.
Appliquer en plongée
- Compense tôt et souvent : environ une fois par mètre, avant de sentir la pression. Une oreille en retard se rattrape mal.
- Ne force jamais. Si ça bloque, remonte de quelques dizaines de centimètres, relâche, avale ta salive, et réessaie.
- Tête plutôt neutre : le menton trop rentré referme les trompes d'Eustache.
- Jamais de plongée avec un rhume ou les oreilles encombrées : risque de barotraumatisme.
Erreurs fréquentes
- Tout verrouiller d'un bloc. En fermant la gorge, beaucoup remontent le voile par réflexe. Dissocie : gorge fermée, voile souple.
- Pousser fort plutôt que régulièrement. La régularité prime sur la puissance.
- Attendre la douleur. Si tu sens la pression, tu compenses déjà trop tard.
- Insister sur une oreille qui bloque. C'est le meilleur moyen de se blesser et de perdre plusieurs semaines.
Des séances de compensation guidées
Apnée Chasse inclut des séances « Profondeur & mobilité » : Frenzel à sec, cadence régulière et souplesse thoracique, expliqués pendant que tu les fais.
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